mardi, octobre 31, 2006

Mais vous savez, comme dit l’autre, il faut bien rire un peu.

J’habite la très belle Ville de Québec et je voyage en autobus tous les jours. C’est un de mes grands plaisir dans la vie, de me fondre complètement dans mon environnement, de flotter dans une bulle collective en laissant les bruits divers, les conversations décousues m'envahir. Or, j’ai remarqué récemment un phénomène, sûrement pas si nouveau: l’usage épidémique des IPOD et autre isolateurs d’humanité. Une personne sur deux, qui montent dans l’autobus est affublé du petit fil blanc qui longe leur cou et se perd dans leurs oreilles.

Je ne veux pas être réac, mais je trouve éloquente cette propension de l’humain à s’isoler toujours plus efficacement. Avec les IPOD, MP3 et tutti quanti, les gens transportent avec eux leur bulle personnelle, se retirent complètement de l’espace commun. À preuve ces deux jeunes hommes que j’ai vus monter dans le bus l’autre jour. Les écouteurs fermement enfoncés dans le pavillon meurtri de leurs oreilles, ils se sont assis côte à côte. Ils se connaissaient peut-être, mais ils ne se regardaient pas. Chacun isolé dans son monde, ils balançaient énergiquement la tête au son de rythmes différents et ânonnaient silencieusement les paroles de chansons obscures. On aurait dit deux fous évadés d’un asile burlesque, comme on en voit dans les films. Il y aussi cet autre jeune homme assis seul l’air totalement hilare, la face fendue d’un rire silencieux d’abord, puis qui n’a pas pu s’empêcher de rire fort une fois ou deux jusqu’à ce qu’il réalise qu’il était dans l’autobus et que je le regardais avec un petit sourire en coin.

Et puis il y a la cacophonie, les sons d’heavy métal, de techno, de house et de musique poche tout court, qui s’échappent des écouteurs et se mêlent pour former un espèce de bruit ambiant discordant. Je croyais que le but des écouteurs était de garder POUR SOI la musique qu’on écoute. Bon je sens que je commence à faire vieille tarée qui n’est plus dans le coup alors je m’arrête ici. Mais, si ce phénomène m’a bien fait rigoler sur le coup, je me suis vite demandée à quelles conversations j’allais bien pouvoir prêter une oreille indiscrète dans l’autobus si plus personne ne se parle.

3 Comments:

At 11:23 p.m., Anonymous Guillaume said...

En ce qui concerne la nouvelle propagation des ipods et l'isolation des individus, ce n'est, je crois, qu'un effet d'une cause plus profonde. Le sentiment de communauté pratiquement inexistant au niveau de nos moeurs actuelles donne un déjà aperçu du problème. Pratiquement aucun dialogue ne se faisait avant les ipods, alors pourquoi ne pas s'enfermer dans notre idiosyncrasie musicale?
Aussi, j'aimerais connaître, Claude, ta définition de l'art. Pour ma part, je n'arrive pas a en cerner une : il y a l'art en tant que caractère inhérent à l'humanité et son importance dans la construction des communautés et il y a l'art au niveau de l'individu et de son expression et de son impression propre. Enfin, l'art pourrait-il constituer une façon de remédier au problème de l'isolation, en définissant une appartenance au individus d'une communauté(s.v.p. ne pensez surtout pas au mot société). En effet, en introduisant l'art dans le matériel(bâtiment, parc, route,etc.)de la place publique de notre communauté, ne feriont-nous pas augmenter la valeur de notre culture et de notre patrimoine matériel à nos yeux, et, du même coup inciter les gens à sortir de leur bulle, à confronter l'altérité, et à avoir un sujet de discussion devant leurs yeux. Ne nous forgerions pas une identité propre qui permettrait enfin d'affronter le choc des cultures et d'exposer notre culture aux étrangers?
L'art comme action publique?
Nous sommes des débutants...

 
At 2:30 p.m., Blogger Claude said...

Cher Guillaume,

Merci de ton commentaire. Je crois que sans le savoir, tu possède déjà une excellente définition de l'art. Tu le constates aussi bien que moi,plus on réfléchi au sujet, plus il est difficile de cerner une définition de l'art.

En ce qui a trait à l'art intégré à l'architecture, c'est un programme gouvernemental qui existe depuis les années soixante-dix je crois et peut-être même avant.À cette époque, le gouvernement québécois a décidé de consacré 1% du budget de construction de tout bâtiment public à une oeuvre originale. C'est le programme d'intégration à l'architecture qui permet effectivement de faire de l'art un geste public. Je suis d'accord avec toi, il faudrait étendre l'intégration de l'art à tout notre environnement et se forger ainsi une identité culturelle plus forte.

Au plaisir de discuter encore avec toi

 
At 4:32 p.m., Anonymous Lorraine said...

Les gens prennent le transport en commun pour des raisons économique ou et écologique mais en fin de compte c'est plutôt comme un mal nécessaire.
Plein de gens lisent, dorment, ou écoutent de la musique dans leur IPod car les échanges c'est surtout avec des gens comme eux qu'ils les veulent: les étudiants avec les étudiants, les madames grecques avec les autres personnes grecques, etc.
Le matin les gens sont endormis, le soir ils sont fatigués. Être tassés, brassés, personne n'aiment ça. C'est pas un bal quand même.
Donc faut pas se surprendre si peu de gens échangent dans les transport en commun. On veut bien être transportés mais c'est le commun qui achalle.
Alors lorsqu'une conversation agréable et intéressante se passe, il faut et vaut mieux l'apprécier car c'est une chose bien rare

 

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