mercredi, août 06, 2008

20 fois sur le métier...


Mon frère, Lil'brotha et sa jolie amoureuse Miss J, sont venus me visiter il y a quelques jours. Comme toujours nous avons parlé de choses profondes et refait le monde autour de quelques bouteilles de vin pour s'étonner au réveil que rien n'ait changé.

Blague à part, nous avons bien parlé, et une de ces conversations me trotte encore dans la tête. En parlant d'une pièce de
BGL exposée dans le cadre des Jardins Éphémères à la place du 400e dans la trèèèèès belle ville de Québec, Loverman nous apprenait que le dynamique trio avait déjà réalisé une oeuvre du même genre
.

Première réaction; légère déception, oui la pièce est belle, mais elle n'est pas tout à fait originale, c'est en quelque sorte la répétition d'une autre. Nous avons l'impression que l'oeuvre n'a plus la même beauté, le même impact.

Vraiment?? et pourquoi donc?

Je me questionne: pourquoi exigeons-nous des artistes qu'ils nous offrent sans cesse du nouveau, de l'inédit? En partant du principe que l'artiste, particulièrement en art actuel, travaille sur le sens et la forme, ne peut-on pas accepter qu'il procède de la recherche et de la répétition du geste pour arriver à exprimer exactement son propos, ou son esthétique?

Ondinnok tente depuis près de 30 ans de donner une nouvelle voix au théâtre amérindien. Depuis 30 ans, finalement, ils travaillent essentiellement sur le même propos. Bien sûr les mots employés ont changé et le portrait tracé a changé de couleur, mais le fond, le sens restent les mêmes.

Autre exemple; Andy Goldsworthy, artiste écossais, qui pratique le land art et l'art éphémère, répète en quelque sorte les mêmes formes , cercle. ligne, depuis de nombreuses années. Son travail au fil des ans inscrit ces formes dans divers environnements, explorant ainsi toutes les variations du propos, de l'esthétique.


Je crois qu'un artiste est aussi un chercheur, et que la répétition du geste est parfois nécessaire à l'accomplissement de la quête. Comme dans une expérience scientifique que l'on reproduit maintes fois en modifiant les variables. Ce qui devient difficile à discerner dans l'oeuvre, c'est le moment où la répétition devient de la complaisance, le point précis où cesse la réflexion et où commence l'automatisme confortable.

Une autre belle réfléxion à poursuivre.


toutes les images représentent des oeuvres de Goldsworthy

2 Comments:

At 11:07 a.m., Anonymous Standardjacques said...

Très juste et c'est là à mon avis une différence fondamentale entre l'artiste et le chercheur en science.

Les balises de l'expérimentation scientifique sont définies bien avant la dite expérimentation, l'hypothèse est posée, la méthode d'analyse approuvée, etc.

Les balises de l'artiste sont floues avant et après la réalisation puisqu'il travaille avec la perception de l'émotion et/ou la perception de son propre corps dans l'espace comme dans l'oeuvre de BGL.

Aussi, l'artiste n'a pas toujours les moyens de monter ses expérimentations dans le confort de son atelier comme le scietifique dans son laboratoire.

Il doit donc expérimenter en public, au vu et au su de la critique avec les risques que cela comporte. Je ne connais pas de scientifique qui accepterait de telles conditions de travail!!!

 
At 11:18 a.m., Blogger Big Sista said...

Vous avez bien raison cher ami, aucun scientifique n'accepterait de travailler dans les conditions qui incombent aux artistes. D'ailleurs à chaque fois que je fais un parralèlle entre les deux, le côté courageux de l'entreprise artistique ressort très clairement.

 

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