mardi, janvier 13, 2009

La La La Li la Liberté d'expression

J'écoutais la radio d'une oreille distraite l'autre jour et j'entendais que l'on parlait de l'humoriste Dieudonné. En fait on parlait de ses dernier excès et des efforts du maire de Paris et de ceux de plus petites villes de France, qui font des pieds et des mains pour interdire son spectacle, invoquant l'incitation à la haine raciale.
Ce genre d'interdictions me rend toujours mal à l'aise. À partir de quand se donne-t-on le droit de censurer l'expression? J'avoue que dans le cas de Dieudonné je n'ose pas trop me prononcer. Les rares propos que je lui ai entendus tenir étaient effectivement plutôt haineux et surtout aberrants face à l'histoire.. Mais le principe de la liberté d'expression n'est-il pas justement de défendre le droit d'expression même de ceux avec lesquels nous ne sommes pas d'accord???? Corrigez-moi si je me trompe.

Si je ne veux ni ne peux trancher dans le cas de Dieudonné, je tiens tout de même à exprimer ma crainte devant un certain glissement vers l'acceptabilité sociale de la censure. Je parle ici plus particulièrement de la saga, que dis-je psycho-mélo-socio-drame autour du Bye Bye 2008. Ben oui,.... encore
Nous avons entendus ad nauseam les exclamations du bon peuple:
  • ah mon Dieu sont-ils méchants de dire pareilles choses, la pauvre Céliiiine
  • OH le pauv'ti Barak Obama (qui incarne un fois de plus tout les noirs! yé pas noir le gars y'é métis!) y sont dont ben racistes!!!
  • Oh que c'est vulgaire, oh que c'est de mauvais goût, franchement la direction de Radio-Canada n'auraient JAMAIS DÛ laisser faire ça!

Et blablabla et bla balabla......
Que le ByeBye ait été platte, nul n'en disconvient, qu'il ait été grossier, stupide je suis d'accord. Là où je m'inscris en faux, c'est devant cette levée de bouclier voulant que Radio-Canada aurait DÛ contrôler le contenu, s'assurer de la rectitude des propos. Pis quoi encore!!! à ce rythme là on avance allègrement, béats et inconscients, la houppe au vent vers la sanction de la censure!
J'étais sidérée quand j'ai vus Véronique Cloutier et son chum Louis Morissette s'EXCUSER au public.

À ce compte, le public aurait dû recevoir, que dis-je, exiger les excuses d'un paquet de tatas de TQS et que dire des candidats de l'ADQ, qui sans fléchir, nous agonisent de propos qui sont de véritables insultes à notre intelligence. et qui encore...? bon j'arrête la liste serait trop longue.

Le bon peuple s'est-il insurgé parce que le contenu du Bye Bye était vulgaire et dénué de critique sociale et politique? Cela me réjouirait au plus haut point, mais je ne me berce pas de telles illusions. Je me dis qu'il faut sonner l'alarme, la censure est sournoise et elle guette, et chacun d'entre nous peut y céder dans des moments d'indignation, mais, il ne faut pas oublier que la censure étouffe l'expression et tue l'âme sans faire beaucoup de bruit.

Pour laisser la libre expressions à ceux dont les propos nous élèvent et nous stimulent, il faut aussi se taper les imbéciles, les dangereux et les simples idiots qui font du vaudeville.




Et puis, n'est-il pas absurde de constater ce qui fait l'objet de la censure des bien-pensant comme l'illustre bien cette splendide image ci-dessous

5 Comments:

At 2:56 p.m., Blogger É. said...

Ceci EST une pipe.

 
At 5:50 p.m., Anonymous Le George Best de l'art audio said...

Pas d'accord au complet avec toi, sista.
Que le show ait été platte, blagues qui tombent à plat, malaise généralisé, jokes de mononcles, etc, ça demeure le lot de l'humour, et c'est, certe, discutable, mais pas répréhensible.
Ce que nous avons entendu dans les médias, les critiques sévères,c'était pas concernant Céline ni Barak Obama (du moins c'était pas à propos de la personne, malheureusement...).
C'était les blagues/propos qui mettent dans l'embarras Radio-Canada et ses auteurs. Et je suis d'accord avec ça.
Je m'explique: si tu fais une joke sur Nathalie Simard, faut que tu sois subtil en criss, surtout si ton papa est celui qui a mis son zizi dans la-dite Nathalie, qui était agée de...de...de trop jeune anyway et lui de trop...trop. On le sait, si le papa de miss Cloutier n'avait pas fait ça dans le passé, hé bien peut-être que madame Simard n'aurait pas eu des problèmes avec le fisc, son chum fraudeur, ses problèmes de santé, sa recherche de retrouver le succès, etc. Cette fille est marqué à vie. Même un mononcle ne fait pas de jokes sur l'inceste, la pédophilie ou le viol. Alors à Radio-Can, de la part de miss Cloutier, oser faire une joke sur Nathalie, même si c'est pas en relation sur son passé d'agressée...
Autre truc: s'imaginer un humoriste canadien anglais faire une joke devant 4 millions de téléspectateurs sur les ondes de CBC à propos des osties de colons de Québécois qui pensent seulement qu'à fourrer le gouvernement et à brosser pis manger de la poutine, hé bien ça se parlerait en chambre des communes. Bon, moi ça me fait rire, mais pas tout le monde, et pas à Radio-Canada.
Et à-propos des jokes sur les nègs, même si c'est pour rire de l'animateur Denis Lévesque (un vrai de vrai twit celui-là), une joke comme "is it real that blacks have big bizounes", ben fais-la à TQS ou TVA ta joke, pas à Radio-Canada!!!!!!!
Des fois le mot censure et le concept de liberté d'expression sont souvent, trop souvent galvaudé. Qu'on pense à CHOI FM qui, au nom de la Libarté d'expression, se donnait le droit de dire des trucs sur les ondes hertziennes d'une débilité incroyable. Penses-y à cette exemple, sista...

 
At 12:19 p.m., Blogger Big Sista said...

Cher George,

Je suis d'accord avec toi en ce qui concerne l'extrême mauvais goût que dis-je l'insulte faite à Nathalie Simard. Je suis bien le dernière à minimiser les affres de l'abus sexuels et de ses conséquences dramatiques. Là-dessus je suis d'accords, mais pour tout le reste il s'agit encore une fois de permettre à des colons de déconner pour pouvoir protéger les vrais quand ils hurlent haut et fort à l'injustice. C'est le prix à payer pour protéger la voix qui nous appelle à désobéir.

 
At 12:47 p.m., Blogger Le George Best de l'art audio said...

Extrait du Devoir daté du 27 janvier:

Sous l'oeil d'Hannah Arendt, on peut lire une phrase que Jean-François Bieler trouvait particulièrement de mise à Québec: «La liberté d'opinion est une farce si l'information sur les faits n'est pas garantie et si ce ne sont pas les faits eux-mêmes qui font l'objet du débat.» Arendt se trouve à répondre ainsi au slogan «Liberté, je crie ton nom partout»! de la Radio X, où Jeff Fillion sévissait. «La liberté d'expression à tout prix, moi je n'y crois pas du tout. La citation d'Arendt reflétait vraiment l'importance de discuter des faits d'abord et avant tout», explique Jean-François Bieler.

(Ajoutons que le slogan de Radio X était une déformation d'une phrase d'Éluard. En 2004, le professeur de philosophie politique de l'Université Laval, Jacques Zylberberg, qui s'était porté à la défense de la station de radio lance, lors d'une audience du CRTC: «Liberté! J'écris ton nom sur toutes les ondes de radio et de télévision. Liberté! J'écris ton nom dans tous mes éditoriaux. Et aucune commission administrative en temps de paix ne doit supprimer le droit de cette liberté.» Zylberberg paraphrasait Paul Éluard. Les supporters de Jeff Fillion n'en savaient rien et entendirent «Liberté! Je crie ton nom». D'où leur slogan, devenu un autocollant très prisé dans la région de Québec. Mais il y avait erreur. Liberté, «j'écris»... et non «je crie»!)

 
At 1:47 p.m., Blogger É. said...

Bien d'accord, George. On aurait mieux fait de laisser à Fillion le droit de s'exprimer (tout en me laissant à moi le droit de séparer à coups de masse son crâne de ses épaules).

 

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